
Encore une fois, le SURINAME vient de fêter "la Journée Nationale des Amérindiens". Cette année, le groupe Koloponokon a encore fait partie du voyage et a fait vibrer le coeur de nos frères du Suriname au son du sanpula. Pour la première fois également le jeune groupe de danse Yuwae d'Awala- Yalimapo a fait partie des invités, ces jeunes filles ont réalisé diverses chorégraphies très appréciées par le public et les parents venus nombreux accompagner leurs enfants. Le groupe s'est illustré de manière professionnelle lors de l'inauguration de l'expositon Na'na Kali'na. De nombreux groupes étaient présents: Esekematoko, Paremuru, Masuwana, Musica de Kali'na, pour ne citer qu'eux. Un groupe de danseurs Amérindiens d'Amérique du NOrd, des Dakotas du Sud, ont surpris et charmé le public surinamais avec leurs chorégrahies et leurs chants.
Les actions culturelles entre
Kali'na de la Guyane et du Suriname
communiqué de presse de la Mairie d'Awala-Yalimapo
(pdf 111 ko)
Le 09 août 2008 à Paramaribo
photos de Cédric Charles et
d'Alexis Tiouka pour Oka.Mag'
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Le 9 août 2007 au Surinam
Depuis déjà six années, le Surinam voisin respectait les résolutions de l’ONU et consacrait deux jours de festivité (les 08 et 09 août) à la reconnaissance des Peuples Autochtones du Pays (les Kali’na, les Lokono, les Wayanas, les Trio’, les Apalaï, les Akuligo, les Warao, les Tukayana). Mais ce 09 août 2007 avait un goût particulier car pour la première fois le gouvernement Surinamais acceptait de prendre une décision historique : celle de dédier un jour férié en l’honneur des amérindiens. La différence est énorme. Avant, nous nous amusions plus ou moins entre nous, alors que maintenant tout le pays peut participer, tous citoyens Surinamais peut venir fêter avec nous ce jour férié. Ainsi, de nombreux Surinamais de toutes races, mettent avec fierté les habits traditionnels amérindiens et déambulent avec, toute la journée. Il y a une symbiose, il y a un grand respect de notre culture et un véritable partage. On le sent, on le vit. La France, grande donneuse de leçon des droits de l’homme à travers le monde, ferait mieux de s’inspirer de l’humilité de certains « petits » pays, tel que le Surinam. Mais il est vrai qu’il a fallut une guerre civile pour gagner ce respect et cette reconnaissance….
Extrait de la constitution Surinamaise de 1987, article 8 :
« Personne ne subira de discrimination en raison de sa naissance, de son sexe, de sa race, de sa langue, de sa religion, de son origine, de son éducation, de sa position économique ou de sa condition sociale ou pour toute autre raison. »
Notre toute première sortie au Surinam
Courant juillet 2007, le magazine Oka.Mag’ et l’école de musique Kali’na « Koloponongon » ont reçu une invitation officielle de Nardo Aloeman, Photo le coordinateur général de l’organe politique amérindien du Surinam, l’OIS (Organization of Indigenous people in Surinam), à l’occasion de la reconnaissance officielle du gouvernement Surinamais envers les Peuples Amérindiens de leur pays. C’est avec honneur que nous avons répondu positivement à cette invitation et nous y sommes allés quatre jours en petit groupe motivé.
C’est le mardi 07 août 2007 très tôt que notre groupe composé de sept personnes, (Bérénice, Cherléne, Louisiane, Guillaume, Jean-Claude, Philippe et Tony) à décollé de Kourou, direction Saint-Laurent du Maroni ou nous attendait notre professeur de chants avec quatre « sanpula » (tambour kali’na). Photo 1. Nous avons fait la traversé du fleuve frontière Maroni avec l’aide du capitaine du village Kali’na « Pierre Kondélé » photo 2 (coté Surinamais), village que nous avons également visité et où se trouve deux grandes statuts amérindiennes sur la place des fêtes (chose quasiment inimaginable coté Français) photo 3. Après avoir attendu patiemment notre bus à Albina, nous voilà parti pour Paramaribo, la capitale. Trois heures après nous étions chaleureusement accueillis par Nardo Aloeman en personne et son équipe sur l’immense place des palmistes en plein centre ville et déjà en direct sur la télévision nationale photo 4. Cette place des palmistes, photo 5, a été spécialement aménagée de plusieurs dizaines de carbets amérindiens de toutes tailles pour donner un cachet authentique à cette commémoration et pour pouvoir héberger les différents artisans, chanteurs, restaurateurs et autres invités photo 6. C’est avec joie que nous nous sommes restaurés et avons rejoints notre lieu de repos où nous avons fait connaissance avec une délégation de Trio’ (cousin des Wayana et Apalaï), photo 7, venue du fin fond du Surinam vers la frontière Brésilienne pour danser et pratiquer des tatouages rituelles photo 8. La journée fut longue….
Après avoir pris possession de notre carbet-stand ou nous vendions notre magazine Oka.Mag', mitoyen de celui du groupe Trio’, photo 9, la journée du mercredi 08 fut consacrée à rencontrer les autres délégations, à répéter aux sanpula photo 10 et à chanter pour des écoliers en visites pour cette grande occasion. Quel plaisir de voir des écoliers de toutes races (Javanais, Coolies, Bushinengés…) habillés de façons traditionnels et s’initiant aux danses amérindiennes photo 11. Chose encore jamais vu en Guyane ou l’on voit plutôt le contraire dans les écoles, en forçant les jeunes amérindiens à s’habiller façon créole, en madras). Le soir avait lieu l’élection de "Miss Amérindienne Kurano" au « Flamboyant », immense salle dédiée aux grandes manifestations, en périphérie de Paramaribo photo 12. Quelle joie de voir les présentateurs et les serveuses des tables officielles en habits traditionnels, quelle joie de voir de très nombreux spectateurs également en habit traditionnel, quel joie de voir les différentes candidates parler franchement de leurs problèmes face à la modernité et de tous les fléaux qui l’accompagne photo 13. L’heureuse élue fut une fille originaire du village Kali’na « Galibi » face à Yalimapo. Miss Kurano à droite.
Et le jeudi 09 août arriva enfin…Dès l’aube, des « p+ayes » (des shamans), baignaient et « bénissaient » tous les gens qui le désiraient photo 14, amérindiens ou non, puis une longue procession c’est formée, les shamans et leurs « malaka » en tête de cortège photo 15 pour rejoindre le grand carbet rond de la place des palmistes. Là, les malaka reprirent de plus belle pour une grande danse en rond photo 16 puis des chefs amérindiens prirent la parole. La journée dédié aux Peuples pouvaient enfin commencée officiellement en attendant l’arrivée du président de la république Surinamaise. La fête battait déjà son plein, les Trio’ tatouaient à tous va tous ceux qui le désiraient photo 17, les nombreux artisans étaient envahis photo 18, les badauds déambulaient à la recherche de la « parbo », la bière local photo 19, ou de membres de la famille venus d’ailleurs car de nombreux Kali’na et Lokono de Guyane étaient présent photo 20. Nous nous sommes greffés au célèbre groupe culturelle locale photo 21 de Robbins Anoewaritja (Sambura Maestro) photo 22 et nous avons commencé à chanter au son du sanpula sur le podium face à la tribune officielle devant un nombreux public photo 23. En milieu de matinée, Johannes Ronald Venetiaan, le président du Surinam, son épouse et de nombreux ministres arrivèrent enfin entourés des chanteurs de la formation « Sambura Maestro » photo 24. On le revêtit d’un « angysa » Kali’na (châle) au couleur du pays et nous avons eu le grand honneur de chanter devant lui et ses ministres photo 25. Moment fort….Il y eu quelques discours, dont un de Franck Apollinaire, représentant la délégation Française d’Awala-Yalimapo. Très beaux discours en Anglais, rappelant l’importance et le rôle des communautés amérindiennes dans la vie et le développement du pays et ceci en toute harmonie. Chose jusqu’à lors irréalisable en Guyane Française où la communauté créole colonise et tente d’acculturer sans vergogne les autres communautés présentes sur son sol. Les Trio’ dansèrent aussi devant le président photo 26 qui décréta officiellement que dorénavant le 09 août serait un jour férié au Surinam, un jour dédié aux Peuples Premiers de ce continent. Tout Paramaribo était fermé et bien sur cette cérémonie était directement retransmise sur la télévision nationale. Puis le président monta à son tour sur le podium photo 27 et récompensa toute une série de personnages important dont l’illustre Robbins Anoewaritja photo 28, infatiguable et toujours sur la brèche pour faire connaître et exporter sa culture et la musique Kali’na. Son émotion était très forte et lui tira même quelques larmes photo 29. Le président parti et la fête continua jusqu’à très tard dans la nuit photo 30. Différents groupes, surtout Kali’na photo 31 et Lokono photo 32, modernes et traditionnels offrirent un spectacle assez coloré devant un public extrêmement nombreux photo 33. Il était assez difficile de marcher sur la place tant il y avait du monde. Jamais nous n’avons vu autant de monde du coté Français surtout pour une manifestation au thème aussi ciblé.
Vendredi 10 août, le réveil fut un peu difficile mais il fallait repartir. Nous dîmes un au revoir poignant à nos frères Trio’ puis le bus photo 34 nous ramena vers Albina photo 35. D’un coup de pirogue photo 36 nous étions déjà de retour en terre française, cette terre ou l’on enterre un peu trop vite nos cultures ancestrales alors que de l’autre coté du fleuve, un « petit » pays a eu le courage de consacrer un jour férié en notre honneur. Ces quatre jours ont été d’une grande richesse et resteront à tous jamais gravé dans nos mémoires.
Okâ du rédacteur en chef d'Oka.Mag':
Philippe Aquila
Toutes les photos de cette manifestation dans la rubrique:
"galerie photos"
(photo ci-dessous: Cherlene Charles de la délégation française Kali'na)
