Oka.Mag'

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Le bimestriel des actualités Amérindiennes de Guyane Française
Kali'na ayupagakose, kino'an Nono tulalema. Oko nuno wa'lalo Oka.Mag' malo

L'Omagano chez les Teleweyu.

Cette cérémonie est une prière faite au défunt, elle se prépare quelques temps après le décès d'un proche. Elle permet de faire son chemin spirituel (Asenemanon), on l'accompagne vers sa dernière demeure dans l'au delà. En ce sens, le défunt se sent aimé. Car avant cela, les anciens disent qu'il est "kulando" c'est à dire que son esprit rôde encore sur terre parmi les siens. L'omagano est une cérémonie traditionnelle qui existe depuis très longtemps, aujourd'hui elle est encore pratiquée chez les kali'na de Guyane et du Suriname. Pendant l'omagano, les chanteurs chantent le parcours du défunt durant sa vie, on dit souvent qu'il danse avec nous mais que personne ne voit. Cette cérémonie est principalement accompagnée du 1kalawasi (voir photos), mais aujourd'hui le 2sanpula (voir photos) commence à prendre une place importante.

Comment se passe une cérémonie d'Omagano?

 Lors du décès d'un proche, la famille concernée se coupe un peu la frange pour marquer la prise de deuil (voir photos). Elle laissera pousser les cheveux jusqu'à la prochaine cérémonie. Cet acte marque une première étape de la prière à laquelle suivra une autre cérémonie, celle d'epekodono. Les familles concernées préviennent quelque temps à l'avance le chef coutumier du village et les invités. A cela s'accompagne la préparation du cachiri (voir photos) qui permettra aux convives de danser en buvant cette boisson traditionnelle. Les personnes endeuillées ne se parent pas et ne se peignent pas le corps de génipa (tabulupo), cela reste avant tout une simple cérémonie mais avec beaucoup de symbolique. Ils ne s'assoient pas non plus sur des 3mulé. Toute la nuit, les invités et la famille dansent au son du kalawasi, jusqu'au levé du jour. A ce moment de la cérémonie, une autre étape cruciale apparaît, celle de pakalal+po (voir photos). Cet acte, consiste à brûler ce que le défunt à utiliser comme habit ou objet dans sa vie. Autrefois, on brûlait le pasuwa, un petit panier dans lequel les hommes mettaient leurs biens. "Quand on meurt, on a tous un pasuwa à côté de nous avec tous nos biens" disait un ancien. On en conserve un peu en réserve pour l'epekodono. Par la suite, les endeuillés se dirigent vers la mer ou une crique pour se purifier le corps (voir photos). C'est un acte symbolique qui permettra de clôturer l'omagano après avoir dansé toute la nuit, celle-ci se déroule en une seule nuit.

 

1 instrument de graine dans un panier d'arouman exclusivement réservé aux femmes.

2 tambour

3 banc kali'na en forme d'animaux