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Le bimestriel des actualités Amérindiennes de Guyane Française
Kali'na ayupagakose, kino'an Nono tulalema. Oko nuno wa'lalo Oka.Mag' malo

Crash de Benzdorp : un mois déjà

Le pays Wayana en deuil :
un mois déjà...

C'était un jeudi, un jeudi comme un autre, le jeudi 03 avril 2008. Ce jour funeste nous avons perdu six des notre, brusquement, lors d'un crash d'avion terrible ou vingt personnes périrent au total.

Cette Antonov AN28, un bi-moteur Russe de la Compagnie aérienne "Blue Wings Airlines", était partie à 1Oh de Paramaribo, la capital du Surinam voisin et ce dirigeait vers Benzdorp, un site aurifère important, et son aérodrome de Lawa Antino à quelques kilomètres de Maripasoula (la plus grande commune de France en superficie). Vers 11h, apparement géné par un autre avion présent sur la piste, l'Antonov serait remonté puis crashé sur une petite colline boisée dans une zone isolée, à quelques kilomètres de la piste d'atterissage. Trois explosions puis plus rien, pas un seul survivant! Parmi les victimes se trouvait six amérindiens Wayana, habitant le petit village de Nouveau Saint-Laurent (une trentaine d'habitants), à l'embouchure de la rivière Marouini à quelque encablure d'Antecume Pata (village de la commune de Maripasoula en plein pays Wayana). Parmi eux se trouvait aussi, Kisaï Kisaï, un Teko natif de Camopi sur le fleuve Oyapock. Il avait fondé là, une famille avec une Wayana. Plusieurs jours après, une délégation de villageois d'Antecume Pata s'est rendu à Paramaribo pour l'identification des victimes. Une identification rendu difficile car les passagers ont partiellement brulés lors de ce terrible crash. Une délégation du "Département" et de la "Région" (Jocelyn Agelas et Daniel Machine) est également venus leur apporter un soutien moral et financier jusqu'à la capital Surinamaise. Plusieurs jours après, les cerceuils sont venus de Paramaribo à Anapaïké (village situé en face de Twenké) puis ont été acheminés par pirogues jusqu'à leur destination finale. Le mercredi 23 avril, trois semaine après le crash, Antecume Pata a enterré seulement quatre de ses six enfants : Maluwapïn hupuhe, Malaku Hupuhe et ses filles Anaïs Hupuhe et Ipelu Temi Kowe. L'identification exacte de Kaleanali Kowe n'est toujours pas établie et la nationalité (Française ou Surinamaise) du Teko Kisaï Kisaï pose problème pour la restitution du corps. Les rites funéraires ont été respectés, les membres de la famille proche ont coupées leur cheveux très courts, les lamentations ont remplies la nuit...Le lendemain les cerceuils ont été acheminés sur un ilet, un petit bout de verdure au détour d'un "saut" ou une tombe immenses à été creusée pour recevoir quatre "enfants" de la Guyane. De nombreux officiels de tous bords étaient présents pour rendre un dernier hommage à ces six Guyanais (l'évêque, le sénateur, les deux députées, les présidents de la "Région" et du "Département", les Maires d'Awala-Yalimapo, Maripasoula, Papaïchton, Saint-Laurent, Mana, Kourou, le sous-préfet, le Gran Man Wayana et plusieurs Capitaines de villages et nous oublons du monde...). Un merci plus particulier à Monseigneur Lafont qui avait organisé le lundi 21 avril, une cérémonie interreligieuse à la cathédrale Saint-Sauveur de Cayenne, ce qui permit à de nombreux amérindiens du littoral d'exprimer leur solidarité avec leur frères de l'intérieur.

Sans vouloir chercher de polémiques inutiles après cette triste histoire, il est tous de même interressant de noter les "termes" qui ont été utilisés par les différents médias de Guyane depuis le début de cette tragédie. Le jour du crash, on parlait de six Français disparus, puis on parla de six Amérindiens Français puis on ne parla plus que d'Amérindiens d'Antecume pata. Il fallut attendre une bonne semaine pour que enfin les médias parlent "d'une famille Guyanaise" touchée par le drame. Ce terme de Guyanais est difficilement accordé aux Amérindiens, pourtant Guyanais de souche depuis des milliers d'années. Faut il faire comme au Canada ou l'on dit : je suis Canadien d'origine Amérindienne, je suis Canadien d'origine Européenne, je suis Canadien d'origine Africaine.....? Une autre critique concerne la couverture audio-visuel de la veillée et de l'enterrement. Comme d'habitude des heures de films ont été réalisés par RFO qui était sur place et nous n'en avons vu que quelques secondes au journal télévisé. Pourquoi ne pas montrer au grand public, toutes les émotions et l'immense tristesse ressenties par la population concernée. Est il si dure de monter que les Amérindiens sont des êtres humains à part entière avec leurs joies mais ausssi avec leurs peines ? D'autres drames sur le Maroni ont pourtant, eux, été largement médiatisés...apparament, le TATOU (appellation du local de RFO Guyane) à la carapace bien épaisse et les informations ont du mal à en sortir !

Résumé et Okâ de Kulana'u