Lundi 18 avril 2011, une jeune Wayãpi de Camopi, Lydie Renaud, a été élue Présidente du tout nouveau Comité de vie locale mis en place par le Parc Amazonien de Guyane.
Sans réel pouvoir de décision, ce nouveau Comité sera tout de même amené à s'exprimer sur l'animation de la vie locale, sur l'application de la réglementation du Parc et sur la mise en oeuvre de sa charte. Il sera aussi, une force de proposition chargée de faire remonter les inquiétudes et les demandes des habitants de ce fameux PAG.
Courageuse, sa première inquiétude et sa première action a été de déposer une motion réclamant l'interdiction de toute forme d'orpaillage sur le secteur de l'Oyapock (entre Camopi et Trois-sauts).
"A Camopi, j'ai constaté que la majorité des habitants ne veulent pas de l'orpaillage, qu'il soit légal ou illégal. Seul une minorité en veut" dit elle.
Cette importante et courageuse décision, sera soumise par le PAG à la municipalité de Camopi, à qui reviendra la décision, après concertation avec les Collectivités Régionale et Départemental.
Cette motion rejoint ce que nous disions lors de la visite de la FedomG à Camopi. Seul une poignée de jeune est soit disant interessée par la pratique de l'orpaillage. Il ne faut pas que la majorité des habitants soit impressionnée ou manipulée par cette minorité. Frères Wayãpi et teko, tenaient bon et faitent définitivement barrage à toute forme d'exploitation minière sur vos zones de vie. il en va de votre avenir et d'un avenir sain pour vos enfants.
Nous sommes en droit de nous inquiéter, surtout lorsque l'on voit les chiffres de l'orpaillage illégal dans le PAG : Il y a encore 67 chantiers actifs sur le territoire du parc (ce qui est beaucoup et incompréhensible. On voit bien que les moyens misent en oeuvre, même pour protéger un Parc Naturel, sont largement insufisants). actuellement, 4000 hectares de forêt primaires ont déjà été saccagés et 530 km de cours d'eau sont directement impactés.
Il est hallucinant de voir de tels chiffres déclarés alors que le discours officiel vante les mérites et les résultats des fameuses opérations harpies. Selon la loi, orpailler dans la zone coeur de Parc, c'est risquer deux ans de prison et 30 000 euros d'amende. Ces "sanctions" doivent bien faire rire les garimpeiros...