Oka.Mag'

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Le bimestriel des actualités Amérindiennes de Guyane Française
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La FedomG souhaite partir à la conquête de l'or de la région de Camopi

En fin de semaine dernière, nous apprenions par le biais de France-Guyane que la FedomG (Fédérations des Opérateurs Miniers de Guyane) avait organisée une rencontre à Camopi avec quelques jeunes amérindiens de cette commune. Le but avoué, lutter contre le chomage des jeunes en les aidant à se lancer dans l'orpaillage dit légal.

Commençons par quelques explications : 
Depuis des décennies, tous les amérindiens de l'intérieur Guyanais parlaient d'une seule et même voix pour dire non à l'exploitation de l'or, qu'elle soit légale ou illégale. Mais au fil des années et à cause de la mollesse de l'Etat Français qui laisse la Guyane de l'intérieur au mains des garimpeiros, de plus en plus d'amérindiens voudraient, eux aussi profiter du systéme et récolter quelques royalties avant qu'ils ne leurs reste que les yeux pour pleurer. Ainsi, des Wayana et des Teko ont déjà commencés à travailler pour les fillières de l'or sur le Haut-Maroni, en participant surtout à tous le business et trafic paralléle qui gravite autour de cette malsaine activité et qui rapporte gros ! (transport carburant / alimentation...). Souvenons nous aussi de "l'affaire Channel", l'ancien maire Wayãpi de Camopi, arrêté et jugé alors qu'il orpaillait pour son propre compte. A l'époque, seul le média Oka.Mag' avait pris position en sa faveur pour faire comprendre à la population guyanaise pourquoi nous étions quasiement obligé de nous retrouver dans cette situation.

Cette triste réalité, existe bien, nous n'avons pas le droit de la cacher et cela est dù entierement aux promesses non tenues par le Président Nicolas sarkozy (promesses faites en personne à Camopi / photo de gauche) qui devait soit disant rapidement éradiquer toutes exploitations minières illégales sur le sol Guyanais. Actuellement, la France est en guerre dans trois pays étrangers (Afghanistan, Libye et Côte d'Ivoire), mais ici en Guyane ou nous sommes réellement en guerre (ce mot a déjà été plusieurs fois employés par les médias eux même) contre des milliers de garimpeiros et autres rapaces, rien de sérieux ne se passe, à part quelques petites opérations "Harpies". Cela fait des années que nous dénonçons cette situation et la non volonté politique de régler réellement ce problème (apparemment les lobbys miniers ont le bras long et il y a trop d'intêrets financier en jeux). La France va envoyer des millions d'euros pour aider à "redresser" la Côte d'Ivoire mais les opérations Anacondas et harpies ont été frénées pour cause financière ! Quand on entends des absurdités de cette sorte comment voulait vous garder votre calme et avoir confiance au systéme qui nous gouverne ?

Heureusement, il y a encore des gens sensibilisés comme toutes ces ONG et simples associations qui continuent de médiatiser comme elles le peuvent, ces dégradations importantes subies par la nature et les humains de ces régions. Il y a aussi, encore beaucoup d'amérindiens intégres et qui continus à dire NON à l'orpaillage comme le rappellait fort justement, René Monnerville, le maire de Camopi et Vice-Coordinateur de l'ONAG : "Pour cette prochaine réunion, je voudrais que l'ensemble de la population participe. La majorité des gens ont l'habitude de ne voir que l'orpaillage illégal. Ils disent, non à l'orpaillage, qu'il soit légal ou illégal. Je dois les entendre mais je dois aussi entendre ceux qui veulent en faire."
Précisons, que la première réunion dont en parle, n'a pas été faite à la mairie de Camopi, mais dans un autre lieu "neutre", pour bien montrer la positions des élus de camopi sur cette délicate question.

Mais que se cache t'il derrière tous cela ?

Apparement, la FedomG compte s'infiltrer dans cette brêche ,, avec l'aide des Collectivités Régionales et Départementales. Profiter du découragement de certains face aux promesses non tenues par l'Etat, pour travailler "au corps" et à "la tête" la population de Camopi jusqu'à arriver à leurs fins. Ils vont promettre tout plein de bonnes choses : travail, bon salaire, aides financières; Pour cela ils sont très fort ! La vague suicidaire de nos frères confortant leurs discours : des légaux à la place des illégaux, développement économique, moins de chomage, etc ... bref, le rêve !

Le but est pourtant clair et nous implorons nos frères de l'intérieur à ne pas tomber dans le panneau. La fedomG veut obtenir une modification du SDOM (shéma minier) avant la fin de l'élaboration de la charte du Parc Amazonien, prévu en 2012. Car pour l'instant, légalement, Camopi est en zone coeur du parc, donc intouchable. Seul les zones de libres adhésions autorisant des zones de prospections minières. ce qui est malheureusement le cas de tout les villages wayana et teko dépendant de la commune de Maripasoula.
Pour l'instant donc, le Parc Amazonien est montré comme étant un obstacle au développement de la Guyane. Nous savons pourtant tous que l'exploitation de l'or n'est pas une "activité durable". Quand il y en aura plus, il y en aura plus, on ne pourra pas en inventer mais les dégats sur les humains, la faune et la flore seront irrémédiables. A quoi servent tous les grands discours sur le développement durable et le changement climatique mondiale si ici en Guyane, pays quasiement vierge, nous continuons à perpétrer les même erreurs. Au contraire, le Parc Amazonien doit être le garant d'une alternative durable pour les jeunes amérindiens. Et c'est, à l'echelle planétaire, la seule sage alternative pour pouvoir encore éviter d'aller à la catastrophe ! 

Pour conclure, nous vous proposons, une lettre ouverte sur les suicides en Guyane. Lettre adressée au Président de la République Française et écrite par José Gaillou, conseiller régional de la Guyane et secrétaire général de Guyane Ecologie.

                 José Gaillou écrit à Nicolas Sarkozy
(pdf 30 ko)



     A l'orpaillage :

Il est paradoxale à ses mauvaises nouvelle, de voir que le Parc Amazonien de Guyane installe un Comité de Vie Locale, dernière instance consultative de cet établissement public. Comme le Conseil Scientifique, le Comité de Vie Locale assistera le Conseil d’administration et le directeur dans la gestion du parc national. Il est composé de représentant d’habitants, d’usagers et d’organismes qui participent à la vie locale, économique sociale et culturelle sur le territoire du Parc amazonien de Guyane. espérons que ce nouveau Comité arrive à contre carré les projets de la FedomG !

L’installation du Comité de Vie Locale, suivie de l’élection des présidents et vice-présidents du Comité de Vie Locale a eu lieu ce lundi 18 avril 2011 à l'auditorium de Rémire-Montjoly.

Voir le règlement intérieur du Comité de vie locale (pdf 142 ko)