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Taubira écrit à l'ONAG et déplacement de l'ONAG à Antecume Pata

Lu dans le France-Guyane du jeudi 24 mars 2011 :

La députée, Christiane Taubira a adressé une lettre de soutien à Florencine Edouard, présidente de l'ONAG (Organisation des Nations Amérindiennes de Guyane). La députée assure qu'elle contribuera "à faire prendre en considération les propositions que vous exprimerez ou qui émaneraient d'autres stuctures ou de personnalités fondées à les concevoir."
Selon Christiane Taubira, les suicides révèlent une souffrance personnelle mais aussi "un désarroi, une détresse qui puisent dans un univers où l'économie, le social, le culturel, le spirituel et le rituel qui faisaient sens et lien, ne semblent plus que les morceaux désarticulés et rétrécis d'une vie collective qui n'offre plus de perspectives, livrant l'individu et la famille à des difficultés insaisissables."

 

La Coordinatrice Générale de l'ONAG est actuellement à Antecume Pata avec Aïma Opoya, qui fait également partie du bureau de l'ONAG. Des rencontres avec les familles endeuillées et les autorités coutumières du Haut-Maroni sont prévues pour tenter de sortir de cette spirale infernale au plus vite.

La Coordinatrice Générale est revenu et communique : Un des autres objectifs de ce déplacement était de rentrer en contact avec les Wayana du Haut-Maroni et de leur présenter la nouvelle organisation ONAG.  Elle a également rencontrer les veuves,  victimes de ces suicides. Des réunions on eu lieu avec les villageois d'Antecume Pata et des idées d'actions communes on sont ressorties. D'autre rencontres sont prévues et seront  mis en place au fur mesure des mois à venir et des évènements.
Oka trés importante : Désormais la communauté ApalaÏ fait partie  de L'ONAG avec l'entrée d'une de ses membres au sein du bureau éxécutif.
 
Les Apalaï sont les cousins directs des Wayana et des Trio. Et même des kali'na Téléwéyu car nous sommes de la même branche linguistique  Caraïbe. Les Apalaï habitent plutôt de l'autre coté des monts Tumuc-Humac, au Brésil mais comme tous peuples amérindiens qui se respectent, ils sont nomades et de plus en plus d'individus de cette Nation viennent vivre sur le sol Guyanais auprés ou dans les villages Wayana.
 
 
 
Bref résumé du déplacement de l'ONAG à Antécume Pata :

Un vrai parcours du combattant. L'accès est difficile. Un endroit coupé du monde, alors que nous sommes dans un département Français. Les communications sont très réduites. La France nous demande de respecter ses lois, mais ne nous donne pas les moyens de jouir de nos droits. Nous nous sommes réunis avec les chefs et les habitants du village, le 24 mars 2011 à 9h30. Les hommes (fils et père) qui se sont donnés la mort, sont des APALAï. Nous retrouvons beaucoup de veuves avec des enfants à élever seules. Pour André COGNAT, fondateur du village, "il faut arrêter le double langage, il faut interdire et se mobiliser contre l'alcool à Antécume". Pour le chef coutumier, Monsieur BARBOSA, "le sujet sur l'alcool a déjà été débattu mais il n'en ressort rien. Notre alcool traditionnel (kasili) n'engendre pas  autant de malaise.  L'alcool industriel est un véritable fléau. Les autres villages doivent rencontrer les mêmes maux mais il faut des rencontres pour en parlé. L'idée de se suicider ne vient pas tout suite. Cela arrive à tout âge et est déclenché par un conflit non solutionné, ainsi ce conflit est nourrit et finit par peser." Il semble également que dès le plus jeune âge, les enfants sont initiés à l'alcool. Les pouvoirs publiques ont des responsabilités qu'ils ne respectent pas. Des lois existent pour interdire l'alcool aux enfants. Certaines veuves demandent de l'aide. Une écoute, une personne à qui se confier, mais il n'y a pas de structure. Aiku, habitant et militant dans un parti politique, ne souhaite pas voir des psychiatres dans le village. "Nous ne sommes pas fous" dit-il. Ils dénoncent également les parties politiques qui viennent avec de l'alcool pour acheter des voix. Plus de contact avec les autres frères Kali'na et le souhait de partager leurs expériences sur le suicide. Les habitants du Haut Maroni veulent savoir comment les Kali'na du littoral ont réussit à surmonter ce mal. Le Grand Man s'oppose aux idées des chefs. Il n'y a donc pas d'appui entre chefs et la division ne fait qu'affaiblir la communauté.
Voici les recommandations des chefs prises avec l'ONAG :

1/ interpeller les pouvoirs publiques sur l'application des règlementations sur l'alcool. Demander aux épiciers d'afficher la règlementation sur l'interdiction de la vente des boissons alcoolisées aux mineurs.
2/ faire de la prévention sur les addictions.
3/ demander l'assistance d'une psychologue ou d'un(e) pédopsychiatre.

D'autres réunions sont prévues. L'ONAG a intégré une Apalaï dans son conseil de coordination.

La Coordinatrice générale de l'ONAG : Florencine Edouard

 
(Tukusipan d'Antecume Pata / photos de AMDAY)