Un homme de 29 ans s'est pendu ce week-end à Camopi... Il était saoul, il battait sa femme. Celle-ci a appellé les gendarmes qui ont donc placé le mari violent en cellule de dégrisement. Au petit matin, ils l'ont retrouvé pendu avec la cordelette servant à maintenir son kalimbé (pagne). Drame classique. C'est bien fait pour lui diront certains, mais au-delà des faits sordides, se cache un vrai malaise, un vrai mal de vivre de toutes les communautés amérindiennes auquels le monde d'aujourd'hui ne peut répondre.

Malgré les apparences, notre situation sociale, culturelle, sanitaire et humaine est dramatique. Nos repères d'antan n'existent plus ou presque plus. Nos enfants sont dans l'obligation de s'adapter à un monde qui n'est pas le leurs. Ceux qui ne s'adaptent pas sont considérés comme des sauvages par le reste de la population Guyanaise. Ceux qui s'adaptent finissent complètement acculturés car notre culture ancestrale n'est pas mise en valeur dans ce pays. Seule "la culture Créole" a le droit de vivre et d'être médiatisée. Il n'y a qu'à voir le bourrage de crâne auquel nous sommes confrontés pendant le carnaval. Apparement si on ne fait pas le carnaval alors on n'est pas un bon Guyanais et cette année le carnaval de Guyane dure 9 semaines. 9 semaines d'acculturation et de désordre.
Et que dire des perspectives d'avenir ? Les voeux du Préfet de Guyane me fait froid dans le dos. On ne parle que de routes, d'orpaillage et de pétrole. Bref, tous ce qui va à l'encontre de la logique environnementale et de la lutte contre le réchauffement climatique et bien sûr, tous cela est labellisé "développement durable". mais de qui se moque t-on ? Nous avons developpé le thème des routes Guyanaises dans notre dernier n°39, en résumé, elles ne servent qu'à finir de piller notre territoire. On veut redynamiser l'orpaillage légal au profit des Guyanais. Foutaise que tout cela, ce sera comme pour le secteur de la pêche et du bois, le patron sera peut être Français et Guyanais mais tous ses ouvriers seront des étrangers car les bons guyanais préfèrent travailler dans l'administration, dans des locaux bien climatisés ! La grande majorité des jeunes ne sont pas interessés par ces métiers durs alors que l'on ne vienne pas me parler de retombés économiques et sociales pour le pays ! J'ai même entendu dire que l'avenir même des Parcs Naturels de Guyane était menacé par l'ambition du lobby minier !
Ce sont ces propos que l'on commence à tenir à propos du pétrole. Il est prévu 200 emplois directs (comme au Ghana) si du pétrole est découvert en Guyane. C'est quoi 200 emplois ? Ce n'est rien au regard des milliards que la sociéte britannique Tullow Oil empochera et ce n'est rien au regard des gros problèmes environnementaux qui y seront associés. Souvenez -vous de la récente catastrophe écologique aux Etats-unis causée à partir d'une plateforme pétrolière comme nous en aurons certainement à 150 kms au large de nos côtes. 150 kms avec les courants marins, c'est la porte à côté ! Malgré tous les discours sécuritaires, sachez que tout ce qui est fait par les hommes est un jour ou l'autre vulnérable. Même le forage d'exploration n'est pas sans risque, notamment pour la faune, comme en témoigne le site de Sololiya, d'autant qu'il pourrait bien se faire en pleine période de la présence des tortues marines dans les eaux guyanaises. Le forage exploratoire commencera fin février et nous aurons une réponse sur notre sort en mai.
2011 commence bien mal. Oka de Kulana'u