Oka.Mag'

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Le bimestriel des actualités Amérindiennes de Guyane Française
Kali'na ayupagakose, kino'an Nono tulalema. Oko nuno wa'lalo Oka.Mag' malo

Un village amérindien évangéliste de trop !

Cela fait une semaine, jour pour jour, qu'un reportage sur un village amérindien évangéliste à été diffusé sur les ondes télé. La rédaction d'Oka.Mag' qui travail depuis plus de neuf années à defendre les valeurs et les intérêts des amérindiens de Guyane, ne pouvait rester sans réaction. Nous vous livrons ici, notre réflexion sur ce bien triste reportage :

Samedi 14 août 2010, nous avons été sidérés et scandalisés de voir, au journal télévisé de RFO Guyane, un grand reportage sur un village Palikur créé pour devenir un village évangéliste et qui inaugurait sa toute nouvelle « église » en grande pompe. Force est de constater que les trois derniers numéros de notre magazine Oka.Mag’ pourtant consacrés à la problématique religieuse, n’ont malheureusement servis à rien. Surtout le tout dernier encore en vente et consacré aux dégâts occasionnés par les sectes. Force est de constater que ces sectes deviennent de plus en plus puissantes, et qu’elles savent utiliser les médias pour avoir encore plus d’impact sur les esprits faibles. Doucement mais sûrement, elles détruisent les valeurs ancestrales des amérindiens de Guyane.

          

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Le premier personnage que l’on a aperçu dans ce reportage n’est autre que Phil Labonté, le fameux chroniqueur radio Palikur de la station RFO. Apparemment il s’est servi de sa position professionnelle pour pouvoir réaliser un méga reportage sur son village évangéliste (situé sur la route de Montsinerry-Tonnegrande) car jamais RFO ne fait de reportage aussi long quand il s’agit d’aborder les vrais problèmes des amérindiens de ce pays. D’ordinaire quelques secondes suffisent …. !
Il est vraiment triste de voir un homme, qui a pourtant crée la toute première émission radio mettant la culture Palikur à l’honneur avec son fameux bonjour Palikur, « Ba’yaï » (que toute la Guyane de l’époque connaissait), se consacrer maintenant à l’évangélisation de son propre peuple. Plus la peine de dire « Ba’yaï », autant dire « bye bye ».
Et que dire de Jean Narcisse, présenté comme le chef coutumier pasteur de ce village. Ces deux fonctions ne sont pourtant pas compatibles. Soit l’on est chef coutumier, soit l’on est pasteur. Dans l’appellation chef coutumier, il y a le mot coutume car ce chef doit être le garant de la préservation et de la transmission des coutumes et traditions de son peuple et surtout, il en est aussi le représentant spirituel. De plus en plus souvent, nous voyons les locaux associatifs des villages amérindiens, toutes nations confondues, servant aux messes évangélistes plutôt qu’aux activités culturelles et traditionnelles …
Et que dire de l’interview de l’invité Arawak du Surinam, Gerry Karwafodi, un homme qui apparemment ne connaît rien à la culture et la spiritualité amérindienne puisqu’il ose dire qu’il était animiste avant de « connaître Dieu ». Les amérindiens ne sont pas animistes mais pratiquent le chamanisme. L’animisme et le chamanisme sont deux conceptions religieuses et philosophiques très différentes l’une de l’autre. Par la pratique du chamanisme nous connaissons aussi Dieu depuis des millénaires, nuls besoins de devenir Evangéliste ou Témoins de Jéhovah pour le découvrir maintenant. De tels propos sont insultants et discriminatoire envers tous les amérindiens qui continuent à respecter et pratiquer leurs vraies spiritualités. Nous le citons : « Avant j’étais dans la tradition amérindienne, mais cela ne m’a rien rapporté … ». Affligeant !!!
Une autre forme d’insulte est aussi de voir ces amérindiens évangélistes en habits traditionnels. Ils ne méritent pas de les porter puisqu’ils bafouent leur culture et leur ancestrales pratiques religieuses. Le port des habits traditionnels n’est pas compatible ni dans les églises, ni pendant le carnaval (chose que l’on voit de plus en plus souvent).
A l’heure actuelle on marche sur la tête et nos anciens doivent se retourner dans leurs urnes funéraires en nous voyant bafouer les valeurs qu’ils on défendus si fièrement en sacrifiant même parfois leurs vies, en combattant les envahisseurs, les armes à la main.
 
Oka de la rédaction d’Oka.Mag’

Nous vous proposons aussi, de lire gracieusement un des articles du dossier sur les sectes du Oka.Mag' n°38 et n'hésitez plus à commander notre trilogie sur la problématique religieuse (voir plus haut).