Il s'appellait Julien Giffard, il avait 25 ans, il était père d'un enfant en bas âge et était originaire de Rouen. Il participait aux fameuses "opérations Harpie" dans la région de Maripasoula. Jeudi soir sa pirogue chargée de quatre militaires, d'un gendarme et d'un piroguier a été percutée par des garimpeiros (orpailleurs Brésiliens clandestins qui pillent notre forêt), ils ont chaviré et il est depuis, porté manquant, mort noyé certainement. Ce sont les habitants du village amérindien de Cayodé qui ont activement participé aux recherches avec plusieurs pirogues malgré le "je m'en foutisme" de l'Etat à leur égard.
Ce drame supplémentaire devrait motivé le gouvernement Français et les quelques militaires sur place à revoir "leur copie" et à s'attaquer plus sérieusement à cette énorme problème qu'est l'orpaillage clandestin en y mettant de vrais moyens militaires d'importance et non pas pour "amuser la galerie" avec des "stats" de saisies. Nous n'en pouvons plus des mesurettes prises jusqu'à maintenant, l'armée Française est en Afrique, en Afganistan et aussi ailleurs dans le monde, la Légion Etrangère est réservée pour la protection de la fusée Ariane à Kourou, les jeunes militaires hexagonaux envoyés en guyane pour "faire jolie" souffrent énormément (chaleur, moustiques, maladies, vie en forêt profonde, peu de moyens logistiques ...) et nous Amérindiens, nous mourrons à petit feu en regardant nos lieux de vie, notre pays, pillés par des hommes sans foi ni loi poussés par la fièvre de l'or.
L'Etat Français fait honte à cette animal sacré qu'est pour nous la Harpie dite Féroce.
Lors du récent Congrès de la FOAG, le Grand Man des Wayana a rapellé à tous, que les gendarmes et les forces de l'ordre étaient dépassés par les événements et que les garimpeiros n'avaient aucune craintes des autorités Française étant dopés par leur nombre impressionnant (que nous estimant à 30 000 personnes) et le prix exorbitant du kilo d'or sur le marché. En effet, ils n'hesitent plus à tirer sur les représentants des forces de l'ordre, à forcer les barrages fluviaux et à percuter les pirogues qui les prennent en chasse. Les Wayana n'ont plus rien à manger car tous le gibier en forêt est massacré par ces garimpeiros pour leur intendance (ils sont donc obligés de se rabattre sur le poisson, seul source de proteine plus facilement disponible, mais empoisonné au mercure ...). Les wayana n'osent plus sortir de leurs villages par peur des "mauvaises rencontres", même leurs abattis de subsistance (maniocs, bananes ...) sont dévastés par les garimpeiros. Nous n'en pouvons plus de ces conditions de vie, indigne pour des être humains vivant en plus sur leurs terres ancestrales ! Mais apparement vous ne nous considerez pas comme des êtres humains, même les animaux sont mieux protégés que nous ! Ah, qu'elle est belle la France, Pays des Droits de l'Homme !!! Cela fait déjà plusieurs années que nous tirons la sonnette d'alarme, le jour où un amérindien sera tué par des garimpeiros alors un etat de guerre larvé sera enclanché.
Oka de Kulana'u