Oka.Mag'

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Le bimestriel des actualités Amérindiennes de Guyane Française
Kali'na ayupagakose, kino'an Nono tulalema. Oko nuno wa'lalo Oka.Mag' malo

Création du Conseil Consultatif des Populations Autochtones

Un Conseil Consultatif des Peuples Autochtones vient d'être officiellement créé (Maximini), suite à la décision prise au Conseil Général (en février 2008) et aux demandes maintes fois répétées de nos Chefs Coutumiers. Quatre hommes forment les membres du bureau de ce Conseil : deux Bushinengés (président : Seefiann Deie, reporter-journaliste à RFO, et secrétaire : Jean Moomou, historien) et deux Amérindiens (1er vice-président : Jocelyn Thérèse, membre de la COICA, et 2e vice-président : Laurent Yawalou, conseiller municipal de Camopi). Photo de France-Guyane.

Cette nouvelle aurait du nous réjouir, mais derrière cette création et les termes employés ce dissimule de nombreux problèmes. On parle maintenant d'un Conseil Consultaif des Peuples Autochtones où l'on mélange allégrement Amérindiens et Bushinengé, ce qui n'est pas acceptable. Il y a là un grave manque de respect de la part de la Préfecture et du Conseil Général vis à vis de nous, Amérindiens de Guyane. Cette négation de notre antériorité sur ce territoire est une insulte de plus. Seul la population amérindienne peut se prénommer population autochtone.

Depuis notre premier numéro à la vente au grand public (le n°14 en 2002), le magazine Oka.Mag' n'a eu de cesse de rappeler la définition officielle des nations Unies concernant ce terme d'autochtone et l'on continu à se foutre de nous ici en Guyane !!!
Les Bushinengès sont eux très interressès pour porter ce terme "d'autochtone" car dès que la France aura ratifié la Convention de l'OIT reconnaisssant les droits des peuples Autochtones, ils auront ainsi de nouveaux droits et plus de force. Nous Amérindiens, n'auront plus que nos yeux "d'autochtones" pour pleurer sur notre sort.


Ce nouveau dispositif aurait du s'appeller tous simplement, par exemple : Conseil Consultatif de la Chefferie Coutumière de Guyane
(puisque c'est à l'origine une demande portée par des Chefs Coutumiers) car c'est le seul point commun que nous avons avec les bushinengé, celui d'avoir des villages gérés par des Chefs Coutumiers. En dehors de cela, nos cultures, nos langues, nos spiritualités, nos croyances sont totalement différentes et nos intêrets aussi (surtout concernant le sujet hyper sensible de l'orpaillage) ! Alors quand on sait que ces nouveaux représentants devront être consultés dans un mois à propos du shéma départemental d'orientation minière (SDOM), cela fait sincérement peur ... Une fois de plus, il est clair que nous seront floués par l'avidité et la fièvre de l'or des autres parties en présence.

Oka de Kulana'u pour la rédaction d'Oka.Mag'

 

A lire :

Un communiqué de presse sur le SDOM par
la Fédération Guyane nature Environnement
(pdf 318 ko)

L'intêret de la ratification de la Convention 169 de l'OIT
par la France à travers le cas Guyanais
par Kiil Nielsen nicole, Députée européenne
(pdf 171 ko)

 

Devant ces problèmes d'interprétations d'être ou ne pas être un Peuple Autochtone, deux textes servent de références internationales : La convention 169 de l'OIT adoptée en 1989 et le projet de déclaration universelle des Droits des Peuples autochtones patronné par l'ONU.
"Actuellement, sont considérés comme Peuples autochtones, les populations qui doient être non dominantes du point de vue économique, politique et socio-culturel d'une part et d'autre part, les populations descendantes des habitants originels d'un territoire donné et victime de génocide, de conquête ou de colonisation."

Cette définition officielle s'applique donc bien aux seuls Amérindiens du Nord au Sud du continent Américain ! Et non pas à toutes les autres composantes de la société Guyanaise de maintenant qui sont fraichement arrivées sur notre territoire.