Oka.Mag'

Bienvenue chez nous, en terre Amérindienne

Le bimestriel des actualités Amérindiennes de Guyane Française
Kali'na ayupagakose, kino'an Nono tulalema. Oko nuno wa'lalo Oka.Mag' malo

Bilan de la 2ème Rencontre Transfontalière des Peuples Amérindiens

Avec un peu de retard nous vous présentons un résumé de la 2ème Rencontre Transfrontalière des Peuples Amérindiens organisée par le CNRS (Centre National de Recherche Scientifique), l'Observatoire Hommes/Milieux et Iépé (Instituto de Pesquisa e Formaçao em Educaçao Indigéna du Brésil)  qui s'est tenue à Saint-Georges de l'Oyapock du 1er au 4 décembre 2009. La première rencontre s'était déroulée au Brésil, à Macapa du 10 au 13 novembre 2008. L'objectif de ces rencontres est la construction d'un réseau d'acteurs transnationaux dans la sous-région du Plateau des Guyanes (Suriname, Guyane Française, Amapa et Nord-Para). La rencontre a débutée par une présentation des différentes Nations, appuyée d'une carte géographique, localisant les différents territoires occupés par ces Nations respectives. Cela permet géographiquement d'avoir une vue d'ensemble et de prendre conscience de la présence de nombreuses populations amérindiennes mais qui sont souvent sur des territoires assez restreints.

"NOUS NE SOMMES PAS UN REPRESENTANT DE CHAQUE PAYS, NOUS SOMMES DES AMERINDIENS, DONC ON NE PEUT PAS PARLER DE FRONTIERE." Oka d'Antecume

Cette rencontre s'est axée sur quatre grands thèmes:
1) l'exploitation minière 2) l'agriculture traditionnelle et ses grands problèmes contemporains 3) la chasse/la pêche/la cueillette 4) les ressources naturelles liées à l'artisanat.
Pour traiter ces thèmes, quatre ateliers ont été mises en place avec des groupes de travail spécifique.

Nous vous présentons ici :
le rapport du groupe de travail "Exploitation minière" (PDF 76 KO)

Tout au long de cette rencontre les Peuples Autochtones ont échangé leurs expériences, leurs vies sur leur terre, les problèmes auxquels ils sont confrontés quotidiennement. Certains affichaient leur crainte pour leur avenir et celui de leurs enfants si des mesures urgentes ne sont pas mises en place. Le groupe de travail qui s'est penché sur le thème de la chasse/la pêche/la cueillette a partagé sa crainte quand à la destruction des ressources naturelles par la pollution de l'eau; de l'exploitation aurifère, la déforestation, ce qui affectent irrémédiablement la vie animale. Le problème de droit d'usage fut également soulevé. Le territoire sur lequel vivent les amérindiens est limité, l'exemple du Parc Amazonien le montre bien, la zone de droit d'usage n'est que de 5 km de chaque côté d'une rivière, les Amérindiens estiment que cela n'est pas suffisant car le gibier devient rare à cause des chasseurs professionnels  venus du Brésil pour ravitailler en viande les orpailleurs illégaux. Au Brésil, différemment de la Guyane Française, le Parque Nacional Montanhas do Tumucumaque n'autorise nullement la chasse dans la zone délimité. Cela a mené à plusieurs réflexions quand à la sauvegarde des ressources animales. La règlementation de la chasse est une question d'actualité en Guyane Française.  Les Wayãpi vivant dans la zone Brésilienne ont expérimenté une gestion de la chasse par la mise en place d'un carnet de chasse sur lequel sont notés les gibiers chassés avec tous les éléments concernant l'animal. Les informations permettront d'aider à la préparation d'un plan de chasse chez les Wayampi.
Actuellement treize villages participent à cette forme de gestion.
Voici donc les quelques propositions d'actions:
1- Faire une carte des zones  de ressources naturelles dans les territoire amérindiens 2-Faire des plans de vie ou un plan de gestion des ressources des terres amérindiennes 3-Améliorer les échanges entre les territoires afin d'échanger les expériences des gestions des territoires 4- Renforcer les réseaux de communications entre les communautés: les informations doivent être diffuser 5- Renforcer les organisations Autochtones 6- Règlementation de l'usage des ressources en respectant les modes de vie 7- Comparer les lois concernant la terre, s'appuyer sur d'autres pays 8- Formation des jeunes leaders autochtones sur les législations actuelles 9- Une question: Quel est le mode de gestion que nous voulons pour notre terre?

Ce ne sont que quelques exemples des discussions qui ont eu lieu lors de cette rencontre. L'orpaillage fut bien évidemment au centre des préoccupations. Les peuples autochtones ont décider de faire réagir à travers la rédaction d'un manifeste, d'une déclaration ou d'une résolution qui sera présenté au gouvernement respectif de chaque pays par les organisations autochtones habilités.

La 3ème Rencontre Transfrontalière des Peuples Amérindiens est prévue au courant de l'année prochaine, cette fois-ci au Suriname. Cette rencontre s'est terminée bien évidemment par la dégustation du fameux Wonska (cachiri) Pahikweneh, au village Espérance  de St- Georges de l'Oyapock.

Oka de Daniel François, présent lors des ces rencontres

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