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Dédommagement financier de nos frères du Nord : L'Amérique repentante ?

Le geste de Washington
envers les Indiens d'Amérique

Le gouvernement Américain a accepté, mardi 08 décembre 2009, de verser 3,4 milliard de dollars aux Indiens d'Amérique pour résoudre une longue dispute judiciaire portant sur la gestion des terres de leurs ancêtres et de leur argent par l'Etat fédéral 

C'est la conclusion d'un conflit vieux de plus d'un siècle. Le gouvernement américain a proposé mardi de verser 3,4 milliard de dollars aux tribus indiennes d'Amérique pour les dédommager d'avoir mal géré les terres de leurs ancêtres, dont les autorités fédérales ont la charge depuis 1887. L'accord, qui concerne environ 300.000 des 4.5 millions d'Amérindiens vivants aux Etats-Unis, doit désormais être entériné devant la justice et approuvé par le Congrès.
Il prévoit d'une part de verser directement 1.4 milliards de dollars aux 300.000 indiens détenteurs d'un terrain géré par le gouvernement chacun recevra un chèque de 1.500 dollars- et d'autre part de monter un fonds de
2 milliards de dollars pour racheter des terrains aux Indiens. Au fil des décennies, les terres ont en effet été morcelées entre héritiers. Ce fonds vise à réunir ces parcelles minuscules avant de les redonner aux tribus. Par ailleurs, 60 millions de dollars seront consacrés à des bourses scolaires pour les étudiants amérindiens.

Ce règlement met fin à une plainte collective déposée au nom des Indiens d'Amérique en 1996, par Elouise Cobell de la tribu des Blackfeet dans le Montana (photo). La plaignante accusait les autorités de ne pas avoir redistribué aux Indiens la totalité des sommes générées par l'exploitation agricole et minière de leurs terres ancestrales (forage pétrolier et gazier, sylviculture, pâturage…). Parce qu'elles les jugeaient «inaptes», en raison de leur «illettrisme», à gérer l'argent issu de la location des terrains, les autorités fédérales avaient décidé en 1887 d'administrer elles-mêmes les 23 millions d'hectares qui appartenaient aussi bien à des propriétaires indiens individuels qu'à des tribus.

Les Indiens avaient réclamé jusqu'à 47 milliards de dollars

«C'est un accord crucial», a salué Elouise Cobell (au milieu sur la photo). «J'espère qu'il permettra de briser le cycle de la pauvreté dans lequel de nombreuses familles indiennes ont été enfermées pendant des générations». La proposition du gouvernement constitue une victoire. En 2008, une cour d'appel fédérale avait statué que les Indiens ne pouvaient prétendre qu'à 455 millions de dollars de réparations, alors même que les Indiens estimaient que Washington leur devait 47 milliards de dollars.
Le ministère américain de l'Intérieur s'est félicité «d'une avancée majeure en vue de la réconciliation des tribus indiennes et du gouvernement». «Lorsque j'étais candidat, beaucoup d'Indiens m'ont dit que le procès Cobell formait une tache sur les relations entre Indiens et le reste de la nation. J'avais promis de résoudre le problème et je suis fier que mon administration y soit parvenue», a de son côté commenté Barack Obama.

(Sources C.J (lefigaro.fr) avec AFP et AP)

Ce geste du gouvernement Obama est une première, mais cela est bien peu au vu de la méga spoliation foncière que nous avons subis et l'argent ne suffit pas à effacer les horreurs du passé (guerres, massacres d'innocents, esclavage, déportations forcées, évangélisation forcée, spoliation intellectuel et foncière ...)

         

ICRA News

Washington répare une injustice
faite aux Indiens d'amérique

Le gouvernement américain a accepté mardi 8 décembre de mettre fin à une longue dispute judiciaire en versant 1,4 milliard de dollars aux Indiens d'Amérique pour compenser la mauvaise gestion des terres de leurs ancêtres et de leur argent par l'Etat fédéral.

L'accord, qui doit encore être entériné devant la justice et approuvé au Congrès, mettra un terme à une plainte en nom collectif déposée pour la première fois il y a 13 ans, en 1996, par Elouise Cobell, qui a donné lieu à sept procès et pas moins de 192 jours de discussions devant les tribunaux.

Les plaignants y accusent les autorités fédérales d'avoir mal géré “des hectares de terre et des millions de dollars dont elles assurent la gestion pour les Indiens d'Amérique”, conformément à des lois remontant au 19ème siècle, a indiqué le ministère de la Justice dans un communiqué. “Les plaignants recevront environ 1,4 milliard de dollars”, précise le communiqué, qui indique que l'affaire porte sur les fonds de plus de 300.000 individus.

En outre, les autorités vont créer un fonds de 2 milliards de dollars pour racheter sur la base du volontariat les titres de propriété qui ont été “fractionnés” au fil du temps depuis la loi Dawes de 1887. Cette loi a eu pour effet la division d'une partie des terres tribales en petites parcelles allouées aux Indiens et gérées en leur nom par l'Etat. Les terres rachetées seront restituées aux tribus.

Selon l'accord, 60 millions de dollars seront également consacrés à des bourses scolaires pour les étudiants amérindiens.
Le président américain Barack Obama a aussitôt salué la conclusion de cet accord, rappelant qu'il s'était engagé pendant la campagne présidentielle à résoudre cette “injustice” qui “continuait à entacher” les relations entre les composantes de la nation américaine.

Avec cette annonce, nous faisons un pas important vers une réconciliation sincère entre les bénéficiaires des fonds et le gouvernement fédéral et jetons les bases d'une meilleure gestion des fonds liés aux biens des Indiens d'Amérique à l'avenir”, a dit le président.
M. Obama a toutefois rappelé que la conclusion de cet accord ne constituait “pas l'étape finale” du processus, et a appelé le tribunal fédéral du District de Columbia (la capitale Washington) à entériner formellement l'accord.
J'exhorte le Congrès à agir rapidement pour corriger cette longue injustice”, a-t-il également ajouté.

Le ministre américain de la Justice, Eric Holder, a rappelé pour sa part qu'“au cours des treize dernières années, les parties ont essayé sans succès de résoudre cette affaire de très nombreuses fois”.
Mais aujourd'hui, nous tournons la page. Cet accord est équitable pour les plaignants et raisonnable pour les Etats-Unis”, s'est-il félicité. Les autorités fédérales gèrent plus de 200.000 km2 de terres tribales et des fonds évalués à 3,5 milliards de dollars. Le pays compte officiellement quelque 4,5 millions d'Indiens (2 millions si l'on excepte les métissages), soit 1,5% de la population, issus de 564 tribus.

Un Indien sur quatre vit dans la pauvreté. Dans certaines réserves, le taux de chômage atteint 80% et 14% des logements y sont sans électricité. L'espérance de vie des Indiens est en outre de 4,6 ans plus courte (72,3 ans) que celle d'un Américain moyen tandis que l'alcoolisme tue six fois parmi eux que parmi le reste de la population. Quant aux suicides, ils touchent 18 individus sur 100.000 parmi les Indiens contre 11 en moyenne aux Etats-Unis.
afp