Après la politique de la "sourde oreille" de l'Etat Français face aux problèmes des Amérindiens de Guyane (Non reconnaissance officielle, mercure, foncier...), nous touchons le fond de la bêtise humaine avec ce que nous avons reçu par courriel le 20 octobre 09. Heureusemnent que le ridicule ne tue pas !

"Bonjour , Je suis journaliste chez Coyote, une société de production audiovisuelle. Je réalise un reportage sur les Amérindiens de Guyane et j'ai justement vu que vous aviez fondé un magazine sur cette population. Alors, voici précisement l'objet de notre programme:
Nous sommes à la recherche d'un homme issu d'une tribu entre 20 et 45 ans, parlant le français. Nous souhaitons réaliser un portrait de cet homme dans son pays de mettre en valeur ses traditions et habitudes, son entourage et son cadre de vie. Nous inviterons ensuite cette personne en France afin de lui faire découvrir Paris sous un angle nouveau. Au cours de ce voyage, il aura l'occasion de rencontrer des jeunes femmes françaises parmi lesquelles il essaiera de trouver une amie. Quand il aura choisi celle qu'il préfère, il fera avec elle le voyage en sens inverse pour l'inviter chez lui et lui faire découvrir son propre quotidien. Ce n'est en aucun cas pour qu'il trouve une femme, d'autant que je sais que les Amérindiens peuvent parfois être polygames, donc. Comme vous avez créé un magazine sur les Amérindiens, je suppose que vous devez parfaitement connaître ce sujet, c'est-à-dire des Amérindiens vivant tout le temps ou parfois en tribu pour qu'ils puissent nous montrer leur tribu. Je me permets donc de vous envoyer ce mail pour savoir si vous connaîtriez des personnes susceptibles de pouvoir participer au reportage. A quel numéro êtes-vous joignable pour que je puisse vous expliquer de vive-voix mon documentaire. Sinon, n'hésitez-pas à me joindre au 01 40 53 45 62 ou 06 78 93 11 33
Cette journaliste travail pour Dechavanne de TF1, nous l'avons eu au téléphone et nous avons essayé de lui faire comprendre qu'il y avait certainement des choses plus intelligentes à faire que ce type d'émissions de Télé-Réalité. Nos problèmes sont graves et nombreux, nous n'avons vraiment pas besoins d'émissions de ce genre qui ne ferons que nous ridiculiser en ressortant les vieux clichés de base sur les Amérindiens. Leur méconnaissance de nos cultures fait peur et ils ne peut rien en ressortir de positif. Pour exemple, après leur avoir fait comprendre qu'il n'y avait pas de jeunes chefs coutumiers célibataires, ils étaient près à revoir leur scénario et à prendre n'importe quel "pékin" qui acceptera cette mascarade. Eventuellement on parlera un tout petit peu de l'intoxication au mercure ...
Heureusement, les quelques chefs coutumiers contactés sur place on suivi notre raisonnement et se sont montrés extrêmement prudent et sceptique face à ce projet. A notre époque, en temps de crise économique, il faut occuper le peuple, faire rire la galerie, quoi de mieux que de mettre en avant de bon petits sauvages d'amazonie qui en plus baragouine plus ou moins le français, pour divertir le public. Chers lecteurs, nous vous invitons à répondre a ces vrais coyottes (coordonnées sur leur logo) et dites leurs ce que vous pensez de ce genre d'inépties. Merci d'avance et à présent passant à des choses plus sérieuses et enrichissantes !
Etre chef coutumier ou Capitaine de village est une fonction sérieuse et digne. Il n'y a pas de jeune chef célibataire, comme le cherchait la Production Coyotte en tout premier lieu. Tout chef est marié et il n'a a pas non plus de polygamie chez nous. cela n'est pas une règle comme chez la plupart des peuples africains et arabes. Elle peut avoir lieu mais se sont des cas rares.
Et pour conclure cette ridicule histoire, si une vraie Parisienne vient vivre dans un vrai village amérindien et participe activement à toute les taches qui lui incombe, en six mois, elle sera soit morte ou rapatrier sanitaire. C'est ici une occasion pour rappeller que nos femmes dans les villages sont courageuses et travailleuses, elles ont une vie physique intense : (marche, portage, plantation, récolte, travail dur du manioc, nettoyage du gibier et du poisson ...). Il est vrai aussi que pour celles qui vivent maintenant en ville, cela est une autre histoire.
Pour terminer, Oka.Mag' n'approuve pas du tout ce projet de reportage.