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Un Guyanais vainqueur de la Bouvet Rames Guyane

PATRICK HOYAU VAINQUEUR DE LA BOUVET RAMES GUYANE
Le guyanais, Patrick Hoyau a remporté la deuxième édition de la transatlantique à la rame et en solitaire, la Bouvet Rames Guyane en 42 jours. Sous les encouragements des guyanais venus le soutenir dans les derniers milles, il a coupé la ligne, située entre Cayenne et les Îles du Salut, hier à 20 heures, 27 minutes et 44 secondes TU. Après une nuit sur un voilier avec sa famille, il se remettra aux avirons vers 15H00, heure guyanaise, afin de faire son arrivée sur la plage de Montabo, sur laquelle une foule l’attendra en fin de journée.
Ecoutez Patrick Hoyau...
Très amaigri, le kouroucien, a livré, aux abords des côtes, ses dernières forces, afin de pouvoir franchir la ligne d’arrivée. En effet, il lui a fallu batailler afin de lutter contre les contre-courants de quatre à cinq nœuds qui auraient pu l’empêcher de passer cette ligne. « C’était sidérant, il était à bout… Sur les bateaux accompagnateurs, les encouragements, les hurlements lui ont donné le courage de finir. Mais dans quelles conditions, il était en larmes, il souffrait. » explique un des organisateurs de la course, Michel Horeau.
Le piège des courants
Hier soir, Patrick Hoyau était situé un peu trop au nord et une part d’incertitude assombrissait quelque peu la fin de course à tel point que le comité se demandait s’il était en mesure de couper cette ligne, les courants étant, ces derniers jours particulièrement forts. La ligne d’arrivée de la Bouvet Rames Guyane se situe entre les îles du Salut et Cayenne et afin de prévenir ces différences d’amplitude de courants et d’assurer un « joker » aux concurrents, elle a été rallongée de 15 milles à l’est et à l’ouest. Hier, les 40 milles de cette ligne étaient encore un peu juste mais Patrick a, la nuit dernière, réussi l’épreuve. Il va être fêté, aujourd’hui, comme un héros du pays. A quelques milles du leader, Mathieu Bonnier n’a pas encore réussi à la franchir. Situé, cette nuit, à 17 milles de l’extrémité nord ouest de la ligne, il s’est mis au mouillage et attendait des conditions plus favorables pour se mettre aux avirons.

Patrick Hoyau
Partis de Saint-Louis du Sénégal, les 22 concurrents de la Bouvet Rames Guyane se sont élancés à l’assaut de l’Atlantique Nord par son versant sud le 8 mars dernier. Des côtes africaines aux terres guyanaises : 4700 km ou 2600 milles nautiques. Patrick Hoyau ne s’était pas, d’entrée, positionné comme favori et n’a livré ses secrets que récemment. Rigoureux et incroyablement déterminé, il n’avait rien laissé au hasard. Préparation physique intensive depuis presque deux ans, navigations hauturières au large des côtes guyanaises, le bonhomme avait assuré ses arrières. En ce qui concerne la préparation du bateau, il a géré l’aspect technique avec le même perfectionnisme. « Au cours de mes navigations, j’ai réglé un tas de problèmes techniques, ce qui a été déterminant pour la course ». Arrivé en Guyane à l’âge de 11 ans, Patrick Hoyau est un sportif accompli et un amoureux de son pays vert. Il voulait faire une belle place pour cette Guyane qui l’a accueillie. A 46 ans, ce père de famille de deux enfants n’a jamais arrêté de se dépasser et a ouvert quelques voies : Kourou les Îles du Salut en funboard, en Hobie Cat, en Kite Surf ou en canoé. Il a également participé à de nombreux raids dont la transamazonienne en VTT.
Patrick ou la rage de vaincre: Et soudain il craque. La ligne n'est plus qu'à quelques milles. "Je n'y arriverai pas... Ce courant est plus fort que moi... Je n'en peux plus... Pas une minute de repos depuis le départ du Sénégal... Un enfer...". Il pose les avirons et se réfugie, invisible, dans son habitacle exigu. 
Mais un autre bateau arrive et se place à côté du canot. Toute la famille Hoyau est à bord. Cris d'encouragement, applaudissements. Patrick sort la tête du cockpit. Il voit son épouse, son frère, ses enfants.
Emotion: "Je n'avais pas le droit de les décevoir", dira-t-il plus tard. Il se réinstalle aux avirons et comme un automate, mobilise ses ultimes forces pour souquer et encore souquer. Au loin, dans la brume de chaleur, se dessinent les masses d'une poignée d'îlots bordés par la mangrove qui marquent l'embouchure boueuse du fleuve Mahury et la ligne d'arrivée. Plus Patrick souque, plus ils ont l'air de s'éloigner... Mais il puise dans ses ultimes ressources et atteint enfin la délivrance. "Je ne pensais pas que mon corps pourrait endurer une telle souffrance... Cette course remet en question une vie entière...", dit-il quelques minutes plus tard, halluciné.
Bravo Patrick de la part de toute la rédaction d'Oka.Mag'...