Oka.Mag'

Bienvenue chez nous, en terre Amérindienne

Le bimestriel des actualités Amérindiennes de Guyane Française
Kali'na ayupagakose, kino'an Nono tulalema. Oko nuno wa'lalo Oka.Mag' malo

Témoignage poignant en provenance du Haut-Maroni

Encore une fois, nous avons reçus et nous vous proposons un témoignage poignant, boulversant, de la situation et du vécu quotidient de nos frères Wayana et Teko du Haut-Maroni.

Cette fois ci, il s'agit du témoignage de Kindy Opoya (photo de gauche), jeune Wayana de 23 ans du village de Talhuen...

Lire le témoignage de Kindy Opoya 
(pdf 36 ko)

L'enfer que vivent nos frères de l'intérieur sur le Haut-Maroni mais aussi les Wayãpi sur le Haut-Oyapock à cause de l'orpaillage sauvage, ne fait pas franchement réagir beaucoup de monde, ni en Guyane (surtout en pleine période de carnaval), ni hors Guyane. L'Etat, on en parle même pas, il est inexistant, voir complice, depuis déjà de longues années...Mais ou sont nos grands élus locaux, si prompte à réagir et à critiquer l'Etat, ceux qui n'arrettent pas de proner une identité Guyanaise (soit disant vu lors de la dernière paralysie du pays fin 2008). Des leaders Guyanais, un Peuples Guyanais, qui laisse pourtant souffrir et mourir en silence une composante de sa population et qui n'est pas capable de se mobiliser ni de manifester pour elle ! Une honte pour une société dite unie !!!
Nous, Amérindiens, avons épuisés tous les moyens légaux et pacifiques pour faire connaître notre véritable situation : X pétitions, X lettres aux différents gouvernements Français, aux médias, aux grandes ONG, X témoignages alarmants et poignants, etc etc...Que faire maintenant ? Nous battre ? nous révolter  ? faire la guerre ? car pas un guyanais digne de ce nom n'a encore levé le moindre petit doigt pour nous défendre.
Nous ne critiquons pas les gendarmes et les militaires qui sont sur le terrain car ce sont des êtres humains qui voient et comprennent notre détresse, mais leurs moyens sont limités. Limité par qui ? qui est le patron des forces armées, si ce n'est l'Etat Français. Qui ni l'intoxication majeur au mercure de nos femmes et enfants si ce n'est les scientifiques Français. Honte sur la France. Nous subissons pire que ce que nous apprenons et lisons chez "nos frères d'ailleurs" et pourtant la France n'est elle pas la donneuse de leçons en matière d'égalité et de démocratie. Foutaise que tous cela.

La Guyane quand à elle, reste toujours aussi incompréhensible. A l'heure ou les Antilles Françaises se mobilisent d'une façon encore jamais vu (photos manifs en Martinique de Léandre Litampha), eh bien la Guyane dors ou plutôt, "pique" (carnaval oblige) et n'est même pas capable de prendre le train en marche... Non seulement nous avons les même révendications légitimes que les Antilles mais en plus nous pouvons mettre en avant toute une batterie de points relevant directement de la "spécificité" Guyanaise. Une lutte réelle et efficace contre l'orpaillage devrait faire partie de ces révendications ainsi que la reconnaissance de notre antériorité et de nos droits dans ce pays. Dormez  Guyanais, "piquez" Guyanais, vous avez acquis 50 centimes de moins sur l'essence, c'est bon, c'est suffisant, on ne va quand même pas sacrifier le carnaval pour si peu... Concluons avec les paroles de Monseigneur Lafont, évéque de Guyane : "Le seigneur aime bien que ses enfants soient heureux. Mais il ne peut pas se réjouir de voir que la fête prend la place du travail". (Pour comprendre, sachez que le carnaval Guyanais dure 2 mois...)

A relire, car malheureusement toujours d'actualités, un texte d'Alexis Tiouka intitulé :
Peuples Autochtones de Guyane et évolution institutionnelle : un combat politique et juridique. 
(pdf 21 ko)