Oka.Mag'

Bienvenue chez nous, en terre Amérindienne

Le bimestriel des actualités Amérindiennes de Guyane Française
Kali'na ayupagakose, kino'an Nono tulalema. Oko nuno wa'lalo Oka.Mag' malo

La Guyane est totalement paralysée

A l'attention de tous ceux qui sont hors des frontières Guyanaises et qui ne sont pas au courant de ce qui se passe içi, la Guyane est totalement paralysée depuis le lundi 24 novembre 2008 à cause d'un mouvement général de protestation contre le prix élevé de l'essence (1.77€/litre), le plus cher de France. Ce mouvement populaire au départ a été, depuis, récupéré par les politiciens et le blocage perdure. 24 barrages routiers et 1 barrage fluvial sont comptabilisés et absoluement toutes les communes du département sont bloquées, petites, moyennes et grandes (plus de carburant, plus d'entreprises qui travail, plus de journaux, nombreux commerces fermés, postes fermées, magasins d'alimentation dévalisés, impossibilité de circuler hors de sa commune respective...). Jamais un mouvement de grogne n'avait pris cet ampleur. Il y aura donc peu de nouvelles amérindiennes sur notre site Internet durant cette grêve générale, l'équipe d'Oka.Mag' étant elle aussi dispersée et bloquée à divers niveau. (Isolé en commune, plus de carburant, plus de réunions interne...). Nous vous prions de tenir compte de cette exceptionnelle situation de crise. Merci.
Nous en profitons donc pour travailler sur notre prochain numéro, le n°37 qui je vous le rappelle sera le deuxième numéro sur le thème de la religion et plus précisement sur l'historique de l'évangélisation en Guyane.

Nous sommes le 04 décembre 08 est la paralysie de la Guyane continue. Dans ce conflit social, que l'on le veuille ou non, l'Etat Français a une lourde responsabilité car de graves disfonctionnements perdurent depuis des années, à propos de la fixation du prix du carburant mais aussi pour une multitudes d'autres choses. En effet, la Guyane est délaissé par la France, l'essentiel bien sur, étant que la fusées Ariane partent à l'heure et sans entraves aucunes. Ce conflit a pour but la baisse du prix de l'essence et du gazoil mais nous aurions pu aussi nous battre pour le prix du gaz (la bonbonne frole les 30€), pour le prix des denrées alimentaires essentielles, pour le rattrapage économique du département...et plus spécifiquement pour nous, Amérindiens, pour l'intoxication au mercure de notre population, pour la destruction de nos lieux de vie par l'orpaillage, du vol de nos terres et de nos richesses (Parc Amazonien...), pour la non reconnaissance officielle de nos droits les plus élémentaires en tant que Peuple Premier de ce continent, pour la vrai reconnaissance sur le terrain de nos six cultures et de nos six langues...Autant de sujets graves qui restent lettres mortes auprès des gouvernements Français successifs depuis des décennies, malgré l'urgence de la situation, malgré nos cries d'alarmes désespérés !
A ce titre, nous comprenons la méfiance des élus locaux face aux propositions et aux promesses du gouvernement
(même si nous ne cautionnons pas tous les agissements des présidents de la Région et du Département) car il est malheureusement impossible de faire confiance à l'Etat Français. Il faut presque toujours aller à la confrontation pour obtenir quelques avancées ! Dans l'histoire amérindienne de la Guyane, au cours des siècles précèdents et jusqu'à maintenant, chaque fois que des chefs ou des organisations amérindiennes ont traités directement avec la France, à chaque fois nous nous sommes fait dupés par de belles paroles et promesses jamais tenues. Et il en est ainsi pour tous les amérindiens avec leurs gouvernements de tutelles respectifs de la pointe de l'Amérique du Nord jusqu'à la Terre de Feu, depuis plus de 500 ans....                      Okâ de A.P.